Toutes les araignées, ou presque, sont des prédateurs redoutables qui se nourrissent d’insectes et d’autres petits invertébrés. Que ce soit une tégénaire tapie dans un coin de garage ou une épeire suspendue dans son piège de soie, ces arachnides partagent un même régime carnivore, même si leurs méthodes de capture et leurs proies favorites varient beaucoup selon l’espèce et l’environnement.
La réponse tient en quelques mots : les araignées mangent des insectes, principalement des mouches, des moustiques, des papillons de nuit et des petits coléoptères. Certaines s’attaquent aussi à d’autres araignées, à des cloportes ou même à de minuscules crustacés d’eau douce pour les espèces aquatiques. Une fois la proie immobilisée, l’araignée ne la mâche pas : elle la digère de l’extérieur grâce à des enzymes injectées dans le corps de sa victime, avant d’en aspirer le contenu liquéfié (pour en savoir plus sur les espèces d’araignées venimeuses en France, consultez notre article dédié).
Le régime carnivore des araignées : ce qu’elles mangent vraiment
Le régime alimentaire des araignées repose presque intégralement sur la prédation. Chaque espèce a développé des stratégies adaptées à son habitat, mais l’objectif reste identique : capturer une proie vivante, la neutraliser avec du venin, puis la consommer par digestion externe. Les insectes constituent l’essentiel du menu, avec une nette préférence pour les proies volantes qui se retrouvent piégées dans les toiles.
Il existe une exception notable à cette règle : Bagheera kiplingi, une petite araignée sauteuse originaire d’Amérique centrale, se nourrit majoritairement de nectar et de sécrétions végétales produites par des acacias. Ce comportement quasi végétarienne reste rare chez les arachnides, mais il montre que le règne des araignées n’est pas figé dans un seul modèle alimentaire.
Les proies préférées selon l’espèce
Araignées de maison
L’araignée de maison typique, comme la tégénaire, se nourrit de ce qui traverse son territoire domestique : mouches, moucherons, cloportes, poissons d’argent et parfois petits cafards. Elle profite souvent de la présence humaine, qui attire mécaniquement ces insectes vers les intérieurs chauffés et éclairés la nuit.
Ces araignées ne chassent pas activement dans la maison : elles attendent, souvent postées près d’une toile discrète tissée dans un angle ou sous un meuble, que leur repas vienne à elles.
Araignées d’extérieur
Dans les jardins et les prairies, les proies sont plus variées : moustiques, papillons, sauterelles, abeilles et même petits scarabées. L’épeire diadème, par exemple, capture une large gamme d’insectes volants grâce à sa toile en forme de roue tendue entre deux arbustes. L’araignée sauteuse, elle, préfère chasser à vue, bondissant sur des proies plus petites comme des pucerons ou de jeunes mouches.
Comment les araignées capturent et digèrent leurs proies

La toile et la chasse à l’affût
Deux grandes stratégies dominent chez les arachnides. La première consiste à tisser une toile d’araignée, piège collant et résistant qui capture les insectes en plein vol. La proie se débat, s’englue davantage, et l’araignée n’a plus qu’à s’approcher pour l’immobiliser avec ses chélicères, ces appendices buccaux qui injectent le venin paralysant.
La seconde stratégie, la chasse à l’affût, ne repose pas sur la soie mais sur la discrétion et la rapidité. L’araignée sauteuse en est l’exemple le plus connu : elle repère sa cible grâce à une excellente vue, s’approche lentement, puis bondit pour capturer sa proie avant qu’elle ne réagisse.
La digestion externe
Une fois la proie capturée, l’araignée entame un processus unique appelé digestion externe. Elle injecte des enzymes digestives directement dans le corps de sa victime, ce qui provoque une liquéfaction progressive des tissus internes. L’araignée aspire ensuite ce liquide nutritif à travers un système de filtration buccal, ne laissant souvent qu’une carcasse vide et desséchée.
| Méthode de chasse | Exemple d’espèce | Type de proies |
|---|---|---|
| Toile tissée | Épeire diadème | Mouches, moustiques, papillons |
| Chasse à l’affût | Araignée sauteuse | Pucerons, petites mouches |
| Chasse discrète intérieure | Tégénaire | Cloportes, moucherons, poissons d’argent |
Contrairement à une idée reçue, une araignée n’a pas besoin de manger tous les jours. Après une proie copieuse, certaines espèces peuvent jeûner plusieurs semaines, voire plus d’un mois, en puisant dans leurs réserves accumulées durant la digestion.
Fréquence alimentaire et besoins en eau
La fréquence alimentaire des araignées dépend fortement de la taille de la proie et de l’espèce concernée. Une petite araignée de maison peut se contenter d’un repas par semaine, tandis qu’une grosse mygale peut tenir plusieurs mois sans manger après une prise conséquente. Ce jeûne prolongé s’explique par un métabolisme lent, particulièrement adapté aux périodes où les proies se font rares.
L’hydratation reste toutefois indispensable. Les araignées absorbent l’eau contenue dans leurs proies, mais elles complètent aussi leurs besoins en buvant des gouttes de rosée ou d’eau de pluie déposées sur les feuilles, les toiles ou le sol. Sans accès à l’eau, même une araignée bien nourrie peut se déshydrater plus vite qu’elle ne meurt de faim.
Le rôle écologique des araignées

En tant que prédateur naturel, l’araignée joue un rôle régulateur essentiel dans l’écosystème. En capturant quotidiennement une quantité importante d’insectes, elle limite la prolifération de nuisibles comme les moustiques ou les mouches, contribuant ainsi à l’équilibre de la biodiversité locale. Sans ces arachnides, certaines populations d’insectes exploseraient rapidement, avec des conséquences en cascade sur les cultures et les autres espèces.
Les araignées occupent aussi une place dans la chaîne alimentaire en tant que proies pour des oiseaux, des lézards ou d’autres insectes prédateurs. Cette double fonction, à la fois chasseuse et proie, fait d’elles un maillon particulièrement actif de la biodiversité des jardins, forêts et milieux urbains.





